Le Manoir de Lestremeur

Lestremeur signifie Grand Bassin en ancien breton ( Lestr : bassin, meur: grand) en référence à l’étang proche du moulin aujourd’hui en ruine.

Le manoir est situé en contre-bas de la chapelle de Kerlanou, célèbre pour ses grands pardons des chevaux à la Saint Eloi, à 2 km du bourg de Ploudalmezeau et à 900 mètres des dunes, lové dans la vallée du Gouer Ar Frout.

Vue des dunes, sa silhouette est très identifiable avec sa tour escalier/pigeonnier qui partage la façade en 2, les murs d’enceinte du potager et sa lourde porte rouge.

Vue de la campagne, on dirait un hameau avec ses bâtiments organisés autour d’une grande cour avec un puit.

Le manoir a été plusieurs fois rénové en conservant son caractère de manoir du XV avec des beaux volumes de chaque pièce.

Un Peu d'Histoire

XVIe siècle

Aliette de Saint-Gouesnou, dame de Lestremeur en Ploudalmezeau apporte le manoir en dot lors de son mariage le 4 août 1522 avec Guillaume IV de Lesguen, seigneur de Lesven en Plouguin.

Les Lesguen se disaient issus de Sainte Guen, mère de Saint Guénolé.
Le rapport privilégié d'un lignage avec des personnages légendaires était fréquent chez les nobles bretons, cela contribuait à démontrer l’ancienneté de la famille et lui donner son prestige.

La famille Lesguen blasonnait « d’or au palmier d’azur », mais les blasons en partie effacés sur la façade montrent un oiseau qui ressemble à un paon pour l’un et un cavalier sur un cheval sur l’autre.

XVIIe - XXe siècle

A la fin du XVIIIe siècle, le Manoir est saisi par l'Etat pour couvrir les dettes du dernier Lesguen.
Il est acheté par Sieur Pierre Coum. 

Au XXe siècle, Lestremeur devient la propriété de la famille Prigent qui la confie en fermage sur deux générations à la famille Jaouen.

De nos jours

A la fin du fermage, dans les années 70, Lestremeur est alors la résidence secondaire puis principale de la famille Prigent.

Fin 2018, Lestremeur est cédé à Gwendoline Bouilhet Fontaine qui entreprend la rénovation du lieu dans l’amour des beaux matériaux pour y vivre et partager le plaisir d’y vivre.

Lestremeur et ses Légendes

Paotr ar bonnet ruz

A Lestremeur, il y avait un lutin qui était bien utile.

Aussitôt que l’eau diminuait à l’étang, il se dirigeait immédiatement vers le pont de Kervizin, un bonnet rouge sur la tête et restait là en faction jusqu’à ce qu’on lâchât les écluses à Kervizin. Aussitôt, il prenait gravement le chemin du moulin de Lestremeur, sifflant de manière à être entendu à 9 km tout à l’entour.

Mais aussi, malheur au meunier, qui après avoir été si bien averti, n’était pas à son poste ! Quand arrivait “Paotr ar bonnet ruz”, il trouvait un gros gaillard de chaque côté de la porte du moulin.  Et au signal du lutin, il payait fort cher sa négligence. On parle même de 2 ou 3 meuniers qui furent tellement roués de coups qu’ils en perdirent la vie.

Paotred ar sabbat (les korrigans)

Une autre légende concernant Lestremeur rapporte que le meunier avait ces “paotred ar sabbat” à ses côtés, nuit et jour. Quand il travaillait à son moulin, ils étaient là, lui chipant son bonnet et jouant avec lui comme des enfants. C’était un tintamarre comme si le moulin allait voler en éclat ! D’autres fois cela prenait un tour plus sérieux, les Paotred ar Sabbat entraient dans le moulin quoique tout fut bien fermé.

Un jour, fatigué, le pauvre meunier se mit en devoir, la pelle à la main, de monter la garde, bien décidé à frapper ceux qui tenteraient d’entrer. Il était en faction depuis un bon moment quand il vit une araignée étendre ses longues jambes sous la porte, il frappa vite et fort, et, sur la pelle, il vit 2 doigts coupés avec un anneau d’or sur l’un des doigts.

Le lendemain, il apprit que la demoiselle du château était malade. Elle guérit mais on remarqua qu’il lui manquait  désormais 2 doigts à la main gauche, ce qui donna à penser au meunier.